Nouveautés Google Workspace : Markdown, Meet qui fait le suivi, et un piège dans l'Agenda

Google a publié une douzaine d'annonces en une semaine. On en a gardé six, celles qui changent vraiment quelque chose pour vous, et on vous dit quoi en faire.

Ce qui a changé chez Google cette semaine : Markdown dans Docs, Meet fait le suivi, chiffrement post-quantique, agendas orphelins, fichiers sensibles, automatisations.

Chaque semaine, Google publie sur son blog des nouveautés Google Workspace à la pelle. Certaines changent votre quotidien, d’autres concernent trois banques américaines. On a fait le tri pour vous.

Au menu : deux nouveautés pour tout le monde, une bonne nouvelle de sécurité qui ne vous demande rien, un piège à connaître avant le prochain départ d’un salarié, et deux sujets pour les administrateurs qui aiment que tout soit carré.

1. Les fichiers Markdown s’ouvrent enfin dans Google Docs

Pour qui : tout le monde. Niveau : novice.

Un fichier Markdown (badge « MD » à côté du titre) ouvert dans Google Docs : titres, tableau et listes mis en forme, avec des commentaires dans la marge.
Un fichier .md ouvert directement dans Google Docs (capture : Google, interface en anglais).

Le Markdown, c’est ce format de texte avec des dièses et des étoiles qu’on croise dans la documentation technique, et de plus en plus dans tout ce que produisent les outils d’IA. Jusqu’ici, pour le lire proprement dans Google Docs, il fallait l’importer et le convertir. Au passage, la mise en forme partait en vrille et les commentaires disparaissaient.

C’est fini : un fichier .md s’ouvre, se modifie et se commente directement dans Google Docs, sans changer de format. Google Drive l’affiche aussi mis en forme, avec ses titres, ses liens et ses tableaux.

Notre avis : c’est un petit changement qui règle un vrai frottement entre les équipes techniques et les autres. Rien à activer, le déploiement a commencé le 5 octobre. L’annonce de Google

Licences concernées : toutes les licences Google Workspace, et les comptes Google personnels.

2. Fin de réunion : Google Meet propose de faire le suivi à votre place

Pour qui : utilisateurs de Meet et administrateurs. Niveau : novice.

L'écran de fin de réunion et ses routines (animation : Google, interface en anglais).

Une réunion finie, c’est rarement du travail fini : il reste le mail de compte rendu et la liste des actions à répartir. Meet propose désormais, juste après l’appel, deux « prochaines étapes » préparées par Gemini : rédiger le brouillon de l’e-mail de suivi dans Gmail, et envoyer les actions dans Google Tasks. Une fois activée, une étape peut s’appliquer à toutes vos réunions.

Une condition : la prise de notes automatique (« Prendre des notes pour moi ») doit tourner pendant la réunion. Côté offres, il faut Business Standard ou Plus, ou Enterprise Standard ou Plus.

Notre avis : c’est utile, et c’est activé par défaut. Avant que tout le monde ne s’y mette, posez-vous deux questions : voulez-vous que les comptes rendus partent de brouillons écrits par l’IA, et qui relit avant d’envoyer ? L’administrateur peut couper la fonction par service ou par groupe. L’annonce de Google

Licences concernées : Business Standard et Plus, Enterprise Standard et Plus, et le module Google AI Pro for Education.

3. Google Meet passe au chiffrement post-quantique

Pour qui : tout le monde, sans rien faire. Niveau : novice.

Illustration de Google : un cadenas et sa clé, entourés d'un réseau de points reliés.
Illustration : Google.

Le risque visé porte un nom : « enregistrer maintenant, déchiffrer plus tard ». Quelqu’un capte aujourd’hui le trafic chiffré d’une réunion, le stocke, et attend qu’un ordinateur quantique assez puissant existe pour le lire. Cette machine n’existe pas encore. Google prend les devants : les appels Meet passent à un chiffrement conçu pour lui résister, d’abord sur navigateur d’ordinateur et sur le matériel des salles de réunion, sur mobile ensuite.

Notre avis : aucune action à prévoir, aucun réglage, rien ne change à l’écran. Gardez simplement l’argument sous le coude pour le jour où un client ou un auditeur vous interroge sur la confidentialité de vos visios. L’annonce de Google

Licences concernées : toutes les licences Google Workspace, Workspace Individual, et les comptes Google personnels.

4. Compte supprimé, agendas supprimés : attention aux départs

Pour qui : administrateurs et responsables RH. Niveau : intermédiaire.

Le compte paul@entreprise.fr est supprimé, et ses agendas secondaires « Réservation des salles » et « Planning d'astreinte » sont supprimés avec lui. La parade : transférer la propriété des agendas avant.

C’est la nouveauté la plus discrète de la semaine, et la plus dangereuse. Les agendas secondaires, ceux qu’on crée à côté de son agenda principal (planning d’astreinte, réservation des salles, congés de l’équipe), suivent désormais le sort de leur propriétaire. Compte supprimé : agendas supprimés. Compte suspendu : agendas suspendus.

Vous voyez le scénario : un salarié part, on supprime son compte comme d’habitude, et le planning d’astreinte que toute l’équipe utilisait disparaît avec lui.

Notre avis : ajoutez une ligne à votre procédure de départ, tout de suite. Avant de supprimer ou de suspendre un compte, transférez la propriété de ses agendas secondaires à quelqu’un qui reste. L’administrateur peut le faire depuis la console d’administration, et chacun peut le faire lui-même depuis les paramètres de son agenda. C’est le même réflexe que pour les fichiers partagés, dont on parlait dans notre article sur les partages externes. L’annonce de Google

Licences concernées : toutes les licences Google Workspace et Workspace Individual.

5. Les règles de sécurité les plus strictes, seulement là où il faut

Pour qui : grandes entreprises et secteurs réglementés. Niveau : avancé.

Console d'administration, création d'une règle Assured Controls : deux actions au choix, appliquer une règle de gestion des accès (selon le lieu et les habilitations du personnel Google) ou exiger l'accord de l'administrateur avant toute intervention du support.
La création d'une règle dans Assured Controls ; les libellés de classification se choisissent à l'étape « Conditions » (capture : Google, interface en anglais).

Certaines entreprises veulent contrôler qui, chez Google, peut toucher à leurs données quand le support intervient : uniquement du personnel basé en Europe, par exemple, et seulement après leur accord. Jusqu’ici, ces règles s’appliquaient à tous les fichiers d’un utilisateur, d’un seul bloc. Résultat : soit tout était verrouillé et le support devenait lent, soit rien ne l’était.

Avec les nouvelles règles « Assured Controls », on cible les fichiers Drive par leur libellé de classification. Les fichiers marqués « sensible » ont droit au traitement strict, les autres gardent un support rapide. Mieux : une règle de prévention des pertes de données peut poser le libellé toute seule quand elle détecte des données personnelles ou financières dans un fichier.

Notre avis : c’est réservé à Enterprise Plus et Frontline Plus avec l’option Assured Controls, donc ça ne concerne pas la plupart des PME. Pour les autres, c’est un vrai progrès : on protège ce qui compte sans ralentir tout le reste. À condition, bien sûr, d’avoir des libellés de classification en place, ce qui est rarement le cas. L’annonce de Google

Licences concernées : Enterprise Plus et Frontline Plus, avec le module complémentaire Assured Controls ou Assured Controls Plus (Assured Controls Plus est obligatoire pour les règles de gestion des accès).

6. Workspace Studio : des automatisations plus malignes, toujours sans coder

Pour qui : ceux qui automatisent leurs tâches répétitives. Niveau : intermédiaire.

Une automatisation dans Workspace Studio : si l'expéditeur est le patron, Gemini décide, puis une seconde condition déclenche la création d'une tâche. À droite, le réglage de la condition « contient ».
Des conditions imbriquées dans Workspace Studio (capture : Google, interface en anglais).

Workspace Studio, l’outil de Google pour automatiser ses tâches sans écrire de code, gagne quatre briques :

  • des conditions en cascade (« si ceci, et si cela, sinon… ») pour des scénarios plus fins ;
  • un déclencheur Gmail qui peut ignorer les réponses et ne réagir qu’au premier e-mail d’une conversation ;
  • plus d’informations tirées des réunions Meet, dont la liste complète des invités, et un modèle de mail de suivi ;
  • une étape qui cherche un document dans Drive selon des critères.

Notre avis : c’est la suite logique de la nouveauté n° 2. Pris ensemble, ces ajouts permettent de vraies chaînes utiles, comme « un devis arrive, on retrouve le bon modèle, une réponse attend en brouillon ». Comme toute automatisation, ça se pense avant de se brancher : qui la maintient, et que se passe-t-il quand elle se trompe ? L’annonce de Google

Licences concernées : toutes les licences Google Workspace et Workspace Individual, pour les comptes qui ont accès à Google Workspace Studio.

Ce qu’on retient

Si vous ne deviez faire qu’une chose cette semaine : mettre à jour votre procédure de départ pour les agendas (n° 4). Pour le reste, prévenez vos équipes que Meet va leur proposer de rédiger leurs comptes rendus (n° 2), et profitez du Markdown dans Docs (n° 1).

Une question sur l’une de ces nouveautés, ou envie de savoir ce qu’elle change chez vous ? Parlons-en.

Sources

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